« La question du développement des institutions européennes ne pourra finalement être traitée qu’en tenant compte de l’insistance de la France sur un exécutif fort. Autant les avantages d’un modèle fédéral nous paraissent évidents pour l’Europe, autant la réalité nous obligera à trouver un compromis avec la France sur ce point. Personne ne peut dire aujourd’hui comment l’Europe sera dans dix ou quinze ans. Mais l’on peut déjà constater avec certitude ceci : le parachèvement de l’intégration européenne, qui j’espère sera la réponse aux futurs défis et à laquelle souscrit le gouvernement fédéral, pourra seulement réussir si la France et l’Allemagne font cause commune. Toute l’importance de la relation franco-allemande au XXIe siècle est là ; il n’y a pas d’alternative ; nos relations étroites et de bon voisinage sont indispensables. Sans un étroit partenariat européen et transatlantique, l’Allemagne suscite trop facilement la réserve et le scepticisme. Pour le parachèvement de l’intégration européenne, notre partenaire ne peut être que la France. Ce partenariat a toujours inclus et jamais exclu les autres Européens. Mais notre histoire commune nous lie comme aucune autre en Europe et nous assigne une responsabilité conjointe pour l’Europe. Nous avons des traditions et des cultures très différentes, et cette différence est sans aucun doute l’une des constantes qui a survécu au changement d’époque après 1989. Mais les points forts de la France et de l’Allemagne se complètent d’une manière particulière et souvent très productive. C’est seulement en joignant nos efforts que nous serons en mesure d’être aussi le volant de l’Europe élargie et de faire avancer l’intégration de concert avec nos autres amis et voisins. Telle est la position qui guide la politique du gouvernement fédéral. »
Conclusion du discours prononcé par Monsieur Joschka Fischer, Ministre fédéral des Affaires étrangères, devant le Bundestag (Berlin, 31 mai 2001).